L'extraordinaire épopée d'un peuple d'allumettes

L'oeuvre singulière de Bernard Beynat

2016 - 2018

"Je suis un peu resté dans l'enfance"

Bernard Beynat

Depuis son enfance, Bernard Beynat (né en 1955) est un fidèle spectateur des westerns et péplums. Enfant, il reproduit les aventures de ses héros (Thierry la Fronde, Josh Randall dans Au nom de la loi) en fabriquant des armes en bois. A la même époque, il construit en modèle réduit une ville du Far-West nichée au milieu des Grandes Rocheuses qu’il agrémente de petits sujets en plastique achetés dans le commerce.

 

A l’adolescence, la découverte d’un château en allumettes réalisé par un voisin, l’inspire et il reproduit le château de Val et sa chapelle (Cantal).

Adulte, pendant ses loisirs, Bernard confectionne encore des maquettes et sa rencontre avec Marie-Paule est déterminante car la jeune femme l’encourage dans sa créativité.

 

En 1978, la crise économique conduit Bernard à une période de chômage au cours de laquelle il découvre la pyrogravure en reproduisant sur du contreplaqué ou sur des chutes de cuir, des illustrations de livres d’histoire.

Ayant retrouvé un emploi dans l’ébénisterie, Bernard réalise quelques meubles miniatures tout en complétant sa collection en allumettes : maquettes de sites des pays du monde (le Kremlin à Moscou, les gondoles de Venise, la basilique du Sacré-Cœur de Paris, la gare de Limoges) et des éléments de l’histoire (la caravelle de Christophe Colomb, pavillon de chasse de Louis XIII à Versailles).

En 1985, un second licenciement économique marque un tournant important dans son activité artistique. Le couple Beynat choisit d’inverser les règles communément admises et Bernard devient l’homme au foyer. Après avoir rempli les tâches ménagères, il s'adonne à sa création.

En 1988, Marie-Paule obtient un poste d’enseignante à plein temps dans un autre collège cantalien. La famille déménage et Bernard trouve un terrain pour bâtir leur maison.

Lorsque celle-ci est construite puis aménagée, Bernard réalise les clôtures de son enclos et, pendant trois ans, crée un village miniature français dans son jardin en y disséminant aussi quelques monuments de la Rome antique (arènes, aqueduc, arc de triomphe, temple) et de l’Asie traditionnelle (pagode).

En 1997, une amie de la famille propose à Bernard d’exposer ses architectures dans un Office de Tourisme aveyronnais et lui conseille d’illustrer ses décors avec des personnages. C’est le déclic, l’artiste découvre une potentialité nouvelle.

S’inspirant des santons des crèches provençales, il réalise des scènes rurales, le tout à base d’allumettes.

" Créer une exposition universelle pour raconter l'histoire de l'humanité "

A partir de cette date, Bernard n’a de cesse d’associer des figurines à ses monuments. Son inspiration est vaste car, féru d’histoire, il trouve spontanément de nouvelles idées. Ainsi, depuis une vingtaine d’années, la ligne directrice de son travail est de « créer une exposition universelle avec les monuments de tous les pays du monde pour raconter l’histoire de l’humanité ».

A ce grand projet, Bernard a rajouté des scènes de l’histoire de la chrétienté (la Cène, le paradis terrestre) et une série des personnalités marquantes de l’histoire contemporaine (Staline, Lénine, Foch, Pétain).

C’est cette « extraordinaire épopée d’un peuple d’allumettes » qui est présentée pour la première fois. Les scènes historiques et leurs personnages, comme emballés dans une grosse boîte de présentation des jouets des années 1960, côtoient le village auvergnat avec son église et ses métiers ruraux. Une vitrine permet d’approcher au plus près des scènes religieuses et de découvrir le détail de ce peuple en allumettes.